Guide d’Uluru et ses environs : La route du désert de Coober Pedy à Alice Springs.

L’Australie est un vaste pays, avec une superficie d’au moins 14 fois la France. Le pays est rempli de terres inoccupées, qui font partis du désert australien également appelé là-bas « l’Outback ». Notre grand voyage s’est déroulé pendant l’hiver, de mi-juillet à mi-août. Nous sommes partis à bord de notre van à la découverte du centre de l’Australie : le fameux « Red Centre ». Partir à cette période est généralement idéale pour plusieurs raisons : C’est une saison beaucoup moins touristique et la température est agréable bien que parfois très froide la nuit. Notre itinéraire a réellement commencé depuis la ville d’Adélaïde. Cliquez ici pour lire notre guide complet dédié à la ville. Pour ce nouvel article, nous commencerons donc l’itinéraire depuis la ville de Coober Pedy jusqu’à Alice Springs. À cause des frais exubérants que coûte une location de van si on ne dépose pas le véhicule au même endroit, nous avons décidé de faire un aller-retour sur 10 jours. Voici en détails les villes que nous avons parcourues, les activités et les endroits à ne pas manquer !

Bumbunga Lake

Situé à 135 kilomètres de la ville d’Adélaïde, le lac salé de Bumbunga est un des premiers phénomènes que l’on peut croiser sur la route du désert. Son sel est exploité grâce à des installations d’extractions depuis 1881. Son nom serait une dérive de « Parnpangka » qui signifie dans l’indigène local « le lac d’eau de pluie ». Facilement visible depuis l’autoroute 1, le lac se démarque du paysage environnant grâce à son étendue très vaste et sa coloration rose/violet selon la saison. Il puise ses sources d’eau grâce aux précipitations saisonnières des collines environnantes, y compris la chaîne des Hummocks. C’est en été qu’il s’assèche pour faire apparaître des vasières salées. Ayant la chance d’y avoir voyagé pendant l’hiver, nous avons pu admirer la variation de couleurs passant du rose au violet avec des touches de bleues et de verts.

Un magnifique moment qui se dessinait devant nous comme une peinture !

Lake Hart & Woomera 

Situé à 390 kilomètres au nord du lac Bumbunga, le lac Hart est le deuxième d’eau salé que l’on croisera sur notre route. Cette fois-ci, le lac est complètement sec, son sol est fait de cristaux de sels durs, ce qui nous a permis d’aller se balader sur ses grandes étendues blanches qui s’allongeaient sans fin devant nous. 

Nous étions seuls au monde et une fois le drone lancé dans les hauteurs, la beauté du paysage fût encore plus incroyable. Nous avons pu nous rendre compte de l’ampleur et de l’immensité du lac.

Coober Pedy

La ville de Coober Pedy est unique, c’est un incontournable du « Red Centre » australien. La ville subit des écarts importants de températures entre l’hiver glacial et l’été caniculaire à plus de 45 degrés. C’est pourquoi toutes les constructions sont souterraines : on les appelles des ‘’dugouts’’ qui signifie ‘’excavation’’. Cela donne à cette ville un air de film fantastique, voir d’horreur.

Pour le logement, nous voulions absolument passer une nuit dans un hôtel souterrain. Le Lookout Cave Underground Motel est un très bel hôtel moderne, à l’architecture atypique avec des prix très abordables ! Le fait de se retrouver sous terre était une expérience un peu flippante mais hors du commun.

Le plus de cet hôtel est sans aucun doute son accès direct à une colline qui permet d’avoir une vue qui surplombe la ville. Parfait pour des couchers de soleil.

C’est dans cette ville qu’a été tourné le fameux film Pitch Black (le 1er de la saga: Les Chroniques de Riddick) avec Vin Diesel. C’est alors depuis devenu un symbole à Coober Pedy qui a conservé le vaisseau du film. On peut l’admirer en plein milieu de la ville, de quoi faire une séance photo originale.

Pour encore plus de bizarreries, on peut se rendre devant le Big Winch : un treuil géant dans les hauteurs de la ville. On y trouve également des bâtiments abandonnés, des sculptures déjantées et flippantes. Parfait pour les amateurs de paysages urbex !

Nous étions curieux de visiter les églises de la ville qui elles aussi sont souterraines. Nous avons d’abord fait un arrêt dans celle qui se trouvait juste à côté de notre hôtel puis dans une autre que nous voulions absolument voir : La Serbian Orthodox Church, qui possède une architecture fascinante et une ambiance très particulière. L’église était d’ailleurs vide lorsque nous sommes arrivés, nous avons eu l’impression de s’introduire dans un endroit secret.

Coober Pedy possède la plus importante mine d’opale de l’État, c’est pourquoi la visite d’un magasin vendant ces pierres précieuses et la visite du musée de l’opale est un passage obligé où vous pourrez échanger avec les locaux et en apprendre un peu plus sur l’importance de ces mines pour la ville.

Si vous êtes à la recherche de paysages naturels, il faut aller se perdre dans les Breakaways situé à 32 kilomètres au nord de Coober Pedy. Ce sont des vallées rocheuses en grès, éparpillées sur de longues plaines. Il y a également une vue sur Painted Desert et Moon Plain, qui sont deux autres attractions naturelles. Pour y accéder il faudra passer par de la route de gravier, donc si comme nous vous ne possédez pas de 4×4 allez-y doucement. Le paysage vaut la route parcourue !

En bonus, voici d’autres endroits atypiques que l’on retrouve en ville : le cimetière de Coober Pedy, Le Desert Cave Hotel où vous pouvez déjeuner ou encore Le Opal Inn Saloon Bar pour dîner avec un large choix de plats dans une ambiance de film américain. 

Une fois passé Coober Pedy, nous arrivons dans la région de Northern Territory. Il reste alors plus de 700 kilomètres à parcourir pour rejoindre le fameux ‘Uluru’ appelé aussi ‘Ayers Rock’. En chemin, seul des petits points de ravitaillement pour dormir, manger et prendre de l’essence sont disponibles avec parfois des villages à moins de trois habitants. Nous nous sommes arrêtés dans les villes de Kulgera ou encore Marla. Nous avons croisé un groupe d’entraînement militaire en camion qui nous aura escorté une bonne partie du chemin.

Prévoyez d’avance de quoi manger et de bonnes réserves d’essence car la route peut être longue. Néanmoins, nous n’avons pas eu besoin de préparer des bidons d’essence en avance, nous nous sommes seulement arrêtés à toutes les stations essence sur le chemin, sans exception, pour faire le plein à chaque fois.

Mont Conner

Le Mont Conner est une montagne que l’on confond souvent avec Uluru. Situé à 88 kilomètres de celle-ci, on l’a retrouve sur l’unique route qui permet de rejoindre la ville de Yulara. Et comme les distances sont longues, lorsque l’on aperçoit le mont au loin, on se persuade d’être enfin arrivé à Uluru. Le mont fait parti du même ensemble rocheux que Uluru et Kata Tjuta, il culmine à 859 mètres d’altitude et se trouve à 300 mètres au dessus du sol près du lac Amédée.

Uluru ou «Ayers Rock» 

La fameuse montagne d’Uluru est l’emblème de l’Australie. Cette montagne sacrée se trouve en plein milieu du pays dans le parc national Uluru-Kata Tjuta à 440 kilomètres au sud-ouest d’Alice Springs. La ville touristique la plus proche de ce célèbre rocher est Yulara : C’est une station balnéaire où se trouve tous les hôtels, restaurants ainsi que toutes les activités qui tournent autour de ce parc national. 

Pour loger, il y a un camping où l’on peut poser son van pour quelques dollars ou des hôtels de luxe pour profiter de ce lieu unique. Pour accéder au parc, il faut acheter un pass qui coûte 25 dollars par personne pour 3 jours. Une fois le pass en poche, il ne reste plus qu’à partir admirer ce gros rocher rouge qui date de plus de 600 millions d’années.

Dès notre arrivée, nous sommes allés directement au Uluru Lookout South (qui est une des nombreuses plateformes d’observation) pour regarder un de nos plus beaux coucher de soleil. 

Voici les 5 randonnées les plus connues qui vous permettent de découvrir ce lieu sacré : 

Base walk : 9,4 kilomètres3/4h. Cette randonnée permet de faire le tour du rocher avec un chemin relativement plat, une belle manière de l’observer sous toutes ses formes. 

Liru Walk : 4 kilomètres1h30. Ce chemin relie le Cultural Centre à la base du rocher. Commencez par visiter le cultural centre, pour en apprendre plus sur l’importance et la signification de ce lieu. Il est parmi les plus sacrés pour les aborigènes. C’est aussi l’occasion d’acheter des souvenirs comme des peintures aborigènes ou un didjeridoo.

Mutitjulu Walk : 1 kilomètre45 minutes. Petite balade autour d’un trou d’eau qui résulte d’une bataille entre deux serpents anciens selon la culture aborigène. 

Mala Walk : 2 kilomètres1h. Chemin qui permet de rejoindre la marche Base Walk

The Climb : 1,6 kilomètresDépend du rythme d’ascension. C’est une marche que l’on déconseille fortement à cause du caractère sacré d’Uluru. En effet elle permet de monter sur le rocher et d’avoir une vue dans les hauteurs. Néanmoins les aborigènes se battent contre le gouvernement pour stopper la possibilité de cette ascension. Elle peut être dangereuse et il faut une bonne forme physique pour gravir le rocher sous une chaleur aride. Vincent a tout de même voulu essayer et après avoir monté quelques mètres, il est redescendu par respect à la culture aborigène.

Pour continuer la découverte d’Uluru, voici les activités incontournables que nous avons eu la chance de faire : 

Un vol panoramique au dessus d’Uluru et Kata Tjuta : 120$/pp. Survol d’Uluru pendant 20 minutes dans un petit avion qui permet d’avoir une vue panoramique sur le parc. Nous étions à peine 6 personnes et chacun avait sa place près du hublot pour admirer chaque détails du paysage qui s’étendait sous nos pieds. Cliquez ici si vous souhaitez vous aussi réserver cette activité.

Field of Light Uluru : L’une de nos plus belles expériences durant notre passage à Uluru. Découvrez l’œuvre de l’artiste anglais Bruce Munro. Plus connu sous le nom de ‘’Field of Light’’, son exposition est en réalité appelée ‘’Tili Wiru Tjuta Nyakutjaku’’ qui signifie ‘’Regarder beaucoup de belles lumières’’. Perdu dans le désert, ce chef-d’œuvre nous plonge dans un gigantesque jardin rempli de 50 000 antennes solaires qui changent de lumières au fil du temps. Un spectacle saisissant et irréel qui s’étend sous nos pieds une fois la nuit tombée. Pour visiter l’endroit il faudra payer minimum 42$/personne selon l’heure à laquelle vous venez la visiter. Des forfaits avec dîner et coucher de soleil sur le célèbre Ayers Rock sont également disponibles. Victime de son succès et de sa beauté, l’exposition a vu sa date de fin repoussée au 31 décembre 2020, alors dépêchez-vous si vous lisez cet article avant cette date ! Cliquez ici pour réserver.

Kata Tjuta ou «The Olgas»

Les montagnes de Kata Tjuta sont la deuxième attraction phare du désert australien. Beaucoup moins connues que sa voisine Uluru, elles ont pourtant tout pour vous impressionner. Situé à environ 60 kilomètres à l’ouest d’Uluru, Kata Tjuta est un ensemble de 36 dômes de grès rouge, étendus sur une superficie de 35 km².

Son nom aborigène signifie «beaucoup de têtes» et selon leurs légendes, ces rochers seraient des géants pétrifiés. L’ensemble pourrait ressembler à de gigantesques crânes. Parmi eux, le mont Olga culmine à 1 070 m au-dessus du niveau de la mer. 

L’avantage de ce lieu est qu’il est moins touristique, étonnant et agréable à découvrir à travers de nombreux chemins tels que : 

Walpa Gorge : 2,6 kilomètres – 45 minutes. C’est une courte marche qui permet de découvrir les gorges du Mont Olga, privilégiez plutôt la visite dans l’après-midi pour bénéficier du soleil qui illumine les gorges. Les formes et la couleur ocre des dômes sont intrigantes et leurs hauteurs nous ont subjuguées. Nous nous sommes également aventurés dans d’énormes trous présents dans la roche qui nécessite une légère ascension : tout simplement stupéfiant !

Valley of the Winds : 7,5 kilomètres – Environ 3h pour effectuer la boucle complète, environ 1h30 pour accéder aux portes des gorges et faire demi-tour. Son nom signifie ‘’La vallée des vents’’, et c’est une réalité : les conditions météorologiques extrêmes de ce site unique empêchent souvent les touristes d’y accéder pour des raisons de sécurité. Les températures étant parfois bien trop élevées. Mais comme notre voyage était durant l’hiver, aucun problème pour y accéder à part l’intensité du vent, du jamais vu ! Après quelques escalades et balades à travers les sentiers, nous sommes arrivés aux portes des gorges et là : impossible de se lever ou de tenir debout tellement le vent soufflait. Nous avons vite du rebrousser chemin avant de se faire emporter par ce vent incroyable. Nous avons tout de même eu le temps d’admirer l’incroyable paysage de Kata Tjuta qui se dessinait devant nous. 

Alice Springs

Alice Springs est la deuxième ville la plus connue de la région de Northern Territory après Darwin. Elle se trouve en plein désert à mi-chemin entre Adelaïde et Darwin qui sont toutes les deux à 1500 kilomètres de distance depuis Alice Springs. C’est une porte d’entrée prisée par les touristes pour explorer le ‘’Red Centre’’ (le désert rouge du centre de l’Australie), elle a pu développer sa popularité grâce au parc national Uluru-Kata Tjuta. Alice Springs a vu le jour dans les années 1870, comme point de ravitaillement pour l’Overland Telegraph, le fameux train qui relie Adélaïde à Darwin.

C’est une petite ville reculée entre de basses collines et entourée de désert. Voici pour vous quelques activités à faire dans la ville le temps d’une journée : 

Se promener dans la ville : Promenez-vous sur la place des commerces pour faire du shopping ou une pause repas. 

Visiter le Reptile Centre : L’entrée coûte 17$/pp. Admirez la plus grande réserve de reptile de la région centre australienne. Observez de nombreux serpents, lézards, crocodiles etc. Toutes les heures, un ”ranger” (garde animalier) vous propose un cours ludique sur les serpents, avec la possibilité d’en prendre un dans vos bras ou de le toucher si vous le désirez ! Et pour les plus réticents (comme moi), pouvoir observer les serpents les plus venimeux du monde derrière une vitre, plutôt que de se retrouver face à eux dans le désert, était bien plus rassurant !

Monter dans les hauteurs du Anzac Hill : Admirez le point de vue sur la ville d’Alice Springs sur les hauteurs de la colline d’Anzac Hill avec son monument commémoratif de l’Anzac Day.

West MacDonnell National Park

À l’ouest d’Alice Springs, les West MacDonnell Ranges sont facilement praticables en voiture via Larapinta Drive et Namatjira Drive. On peut y faire des randonnées, nager dans des trous d’eau, faire du vélo tout en observant la faune et la flore. Voici les différents points de vues que nous avons découvert en suivant la Larapinta Drive sur une soixantaine de kilomètres : 

Simpson Gap : 18 kilomètres à l’ouest d’Alice Springs. C’est une magnifique gorge creusée dans les montagnes, mais également un site spirituel aborigène important pour le peuple Arrernte. L’eau coule à travers d’immenses montagnes pour arriver devant une rivière de sable asséchée. Le fossé abrite diverses plantes et espèces sauvages comme le wallaby aux pieds noirs. Nous avions d’ailleurs croisé une amatrice d’oiseau qui nous en a appris un peu sur les espèces rares présentes sur le site. De nombreux chemins de randonnées sont disponibles selon vos envies.

Stanley Chasm : 50 km à l’ouest d’Alice Springs. C’est une petite balade qui permet de découvrir des gorges très étroites, particulièrement belle en plein après-midi. Pour y accéder il faut d’abord passé par le ”Kiosk” qui fait aussi café. L’entrée coûte tout de même 10$/pp pour une balade d’environ 20 minutes (un peu déçu par le prix mais nous avions envie de visiter l’endroit !). Malgré la période hivernale nous étions entourés par une tonne de mouches, alors en plein été, prévoyez des chapeaux moustiquaire si besoin (le café du site en vend !) ! Vous pouvez également y rester pour la nuit car le site propose un camping.

Les distances sont très longues entre chaque point de vue, c’est pourquoi nous avions décidé de retourner à Alice Springs. Mais de nombreux autres points de vues sont disponibles. Voici quelques noms, si vous souhaitez pousser la découverte du parc plus loin : Ellery Creek Big Hole, Serpentine Gorge, Ochre Pits, Ormiston Gorge and Pound, Glen Helen Gorge, etc.

BONUS : La vie en van, c’est aussi ça !

Un petit bonus un peu différent. Nous voulions aussi vous montrer les autres côté du voyage. Les bloggers oublient souvent de mentionner les problèmes rencontrés lors de ces roadtrips qui font tant rêver. Car oui, il y a aussi beaucoup d’aléas à vivre dans son van, comme par exemple :

  • Aucune douche de disponible dans le désert pendant plusieurs jours. 
  • Ne plus avoir de nourriture et devoir manger des céréales périmés comme dîner. 
  • Avoir un pneu crevé le jour de son anniversaire. Heureusement c’était à Coober Pedy, garé devant notre hôtel et pas en plein milieu du désert sans aucun réseau. 
  • Entendre des bruits dans la carrosserie de la voiture en se demandant si c’est un serpent venimeux ou une araignée géante mangeuse d’homme… Ne toujours pas savoir une fois la nuit passée.
  • Impossible de cuire des pancakes correctement à cause du vent alors on finit par manger la pâte de pancake cru et bien dégueulasse parce qu’on a beaucoup trop faim !

Et tout ça, illustré en photo bien sûr. 

Mais malgré tout ça, on ne garde que le meilleur de cette expérience unique et inoubliable qu’on ne vivra peut-être qu’une fois dans sa vie. Nous sommes rentrés de ce périple avec des souvenirs pleins la tête et l’envie de continuer ce qu’on aime tant : voyager

See ya mate, 

Carmen & Vincent.

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